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Archives de 1736 du Conseil Souverain de Québec
Project type
Famille Dubuisson à Quebec
Date
Janvier 2026
Location
Quebec
Ce que ces documents apportent à l'histoire de Pléville ?
1. La date et le contexte : Québec, janvier–mars 1736
Le Conseil mentionné est le Conseil Souverain de Québec — la plus haute instance judiciaire de la Nouvelle-France, équivalent d'un parlement provincial. La session du jeudi 15 mars 1736 réunit l'Intendant, plusieurs conseillers dont un certain Cugnes (ou Cugnet — famille bien connue à Québec), Guillemin, Laroullière, Narin-Foueau, et le greffier. Il s'agit d'une affaire de duel survenu le premier lundi de janvier 1736 dans la Basse-Ville de Québec, ayant causé la mort d'un des protagonistes deux jours après le combat.
2. La famille Cugnet — lien direct avec Dubuisson et Pléville
Le conseiller Cugnes/Cugnet mentionné dans le document est vraisemblablement François-Étienne Cugnet (1688–1751), l'un des personnages les plus influents de Québec au 18ème siècle. Or la famille Cugnet est intimement liée à la famille Dubuisson, qui hébergea le jeune Pléville en 1740. François-Étienne Cugnet était le beau-père ou allié proche des Dubuisson dans les cercles de la notabilité québécoise.
3. L'affaire de duel : un éclairage sur le milieu social des Dubuisson
L'affaire instruite — un duel mortel dans la Basse-Ville de Québec en janvier 1736 — implique des particuliers (terme désignant des bourgeois ou négociants) qui se retrouvent dans une maison de la Basse-Ville. Ce milieu social — négociants, officiers de justice, hommes d'épée de la bourgeoisie québécoise — est exactement celui dans lequel évolue la famille Dubuisson qui recueillera Pléville quatre ans plus tard.
Le document montre que ce milieu n'était pas exempt de violence et de conflits d'honneur. Le duel — interdit mais pratiqué — révèle une société masculine régie par des codes d'honneur très proches de ceux que Pléville connaissait à Granville.
4. Le nom "Foueau/Fouaulz" — un lien possible avec Granville
Le signataire Fouaulz et le conseiller Narin-Foueau mentionnés dans le document évoquent un patronyme normand. Or les Foueau (ou Foüeau) sont une famille de négociants granvillais bien attestée au 18ème siècle. La présence d'un Narin-Foueau au Conseil Souverain de Québec en 1736 suggère une migration normande vers la Nouvelle-France — phénomène très courant à cette époque, où les réseaux commerciaux granvillais et malouins structuraient le négoce colonial.
Si ce Narin-Foueau est bien d'origine normande, cela confirme que les réseaux granvillais avaient des ramifications jusqu'au cœur des institutions québécoises — ce qui expliquerait en partie pourquoi le jeune Pléville, arrivé à Québec en 1740 sans argent ni papiers, fut néanmoins accueilli et protégé par des familles de la notabilité locale.
5. Ce que cela confirme sur l'accueil de Pléville en 1740
En 1740, lorsque Pléville arrive à Québec après avoir traversé la forêt à pied depuis Gaspé, il est recueilli par la famille Dubuisson. Ces documents montrent que les Dubuisson évoluaient dans un réseau de notables bien établis — conseillers, greffiers, négociants — qui formaient la haute bourgeoisie de la Basse-Ville de Québec. Ce sont ces mêmes milieux qui instruisaient les affaires de duel, rendaient la justice et administraient la colonie.
L'accueil du jeune Pléville par les Dubuisson n'était donc pas un geste de charité anonyme : c'était l'expression d'un réseau de solidarité normande entre familles de marins et de négociants, où le nom Le Pelley de Pléville était connu et respecté, même à l'autre bout de l'Atlantique.



