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Acte de vente de la maison de Pléville à son cousin Dumanoir

Cet acte prouverait noir sur blanc où se trouve « la maison de la rue Saint-Jean » de Pléville.

Le principe de départ, décisif : quelle est la date de la vente ? Sous l'Ancien Régime, on ne cherche pas un acte notarié par le nom des parties (il n'existe pas d'index alphabétique général) : on le cherche par date, via un registre fiscal, qui renvoie ensuite au notaire. La première étape n'est donc pas notariale, elle est chronologique.

Le mémoire de Pléville dit qu'il a vendu la maison « à sa mort » — la mort de sa belle-mère, Marie Le Virais, veuve Blanquerie.

1. Travaux en cours : dater la vente à partir du décès de la belle-mère. Recherche de la sépulture de Marie Le Virais, veuve Blanquerie, dans les registres paroissiaux de Granville, après 1739 (mort du père) et vraisemblablement dans les années 1770 et suivantes.

Sa date de décès donnera le terminus post quem : la vente suit de peu.

Il faudra également chercher un éventuel inventaire après décès de cette dame, qui pourrait mentionner la maison grevée d'emprunts.

2. Le maître-outil : le contrôle des actes du bureau de Granville. Tout acte notarié d'Ancien Régime devait être enregistré (« contrôlé ») au bureau de la juridiction — pour Granville, le bureau de Granville. Ces registres, conservés aux Archives départementales de la Manche (contrôle des actes classé en série C dans la plupart des départements), sont chronologiques et souvent dotés de tables.

Pour une vente d'immeuble, il faut viser en priorité les registres du « centième denier » (ou « insinuations suivant le tarif ») : ils enregistrent spécifiquement les mutations de propriété, avec le nom du vendeur, celui de l'acquéreur, le prix et le notaire.

S'il existe, c'est la pièce maîtresse de la 3ᵉ chasse au trésor de Granville !

Une fois la mention trouvée, on tient le nom du notaire et la date précise.

3. La minute notariale (série des notaires, Archives départementales de la Manche). Le contrôle donne le notaire et la date ; il faut ensuite chercher la minute dans le minutier de ce notaire de Granville.

Les répertoires de notaires (listes chronologiques d'actes, souvent microfilmées en 2 Mi) permettent de localiser la liasse.

La minute est l'acte complet : elle décrira la maison et ses confronts, et récapitulera souvent l'origine de propriété — de quoi relier enfin « rue Saint-Jean » à une localisation précise !

Si cette enquête mène à une impasse, deux pistes de repli doivent être envisagées.

Si la vente est postérieure à 1791, ce n'est plus le contrôle des actes mais l'Enregistrement (série Q) qu'il faut interroger, avec ses tables des vendeurs et des acquéreurs, beaucoup plus commodes car indexées par nom. Étant donné que l'acheteur, Louis-Pierre-Étienne du Manoir, meurt en 1807, une vente tardive n'est pas exclue : à ne pas négliger.

Si Pléville, résidant à Marseille depuis 1755, a fait passer l'acte devant un notaire marseillais (par procuration ou lors d'un séjour), la minute serait aux Archives départementales des Bouches-du-Rhône, et non dans la Manche ! Mais même dans ce cas, une vente d'immeuble situé à Granville aurait normalement été contrôlée à Granville : l'étape 2 reste donc le point d'entrée, quel que soit le lieu de passation.

Petit avertissement : il faut se méfier de l'homonymie côté acheteur. « Dumanoir le Pelley, fils de Fontenelle » doit être identifié précisément (Louis-Pierre-Étienne, né en 1733) pour ne pas le confondre avec un éventuel autre Dumanoir contemporain.

36, rue de Doudeauville

75018 Paris

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