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Les corsaires granvillais à l'étude

154 corsaires granvillais !

Dès le début du XVIe siècle, depuis leur abri, simple havre protégé au nord par la Roche et à l’ouest par la Chaussée, les Granvillais arment des navires au long cours. Ils pratiquent la grande pêche  à Terre-Neuve et sur le Grand Banc ; ils participent aux expéditions maritimes loitaines vers le Nouveau Monde, les Indes Orientales et le Brésil. 

L’activité commerciale et la sécurité des granvillais sont constamment remises en cause par une multitude de conflits et de guerres. Mandatés par le roi (ou l'État), les Granvillais pratiquent la Guerre de Course, en guerre et le plus souvent en guerre et marchandises.

La Course est pratiquée avant le XVe siècle. Au début, elle était anarchique et peu contrôlée pendant les hostilités. Les intérêts politiques étaient si confus que le problème de savoir si un navire de commerce était d'une nation ennemie ou neutre était très vague. 

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Photo de corsaires de granville.png

La vague corsaire

C’est au début du XVIIIe siècle  que Granville prend véritablement son destin en main. Grâce à des efforts répétés et couronnés de succès pendant les années 1720-1730, le port bas-normand, qui souffre pourtant fortement de l’exigüité de ses installations portuaires, connaît son envolée économique. Lui qui n’envoyait qu’une vingtaine de bâtiments à Terre-Neuve à la fin du XVIIe siècle, multiplie allègrement le nombre de ses morutiers. Désormais, il arme entre 80 et 100 navires par année, parfois même au-delà de la centaine au cours des années 1770 et 1780.

 

Très vite, Granville rejoint Saint-Malo à la tête des ports morutiers français, au point de lui disputer âprement la suprématie par la suite.

La lettre de marque

La lettre de marque  était une autorisation officielle délivrée par le roi ou la République ou tout autre régime à un armateur ou un commandant de navire — déterminé par son nom, son tonnage et son port d'attache — pour une durée strictement limitée partant du jour de l'enregistrement au bureau de l'inscription maritime de son ressort.

Elle donnait l'autorisation d'armer ce navire en guerre avec l'équipage, les canons, poudre, munitions et vivres nécessaires afin de le mettre en mesure de courir sur tous les ennemis de l'État, les pirates, les forbans et autres, de les prendre avec leurs navires, armement et cargaisons et de les amener dans un port en se conformant aux lois concernant ces opérations, puis de faire à son retour rapport devant l'Administration de la Marine.

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Photo de Georges René Pleville Le Pelley à 15 ans sur le navire en contrebandier en action

A l'abordage !

Les corsaires  sont donc souvent confondus avec les pirates et dans l'ignorance, on utilise l'un ou l'autre terme. Les corsaires exercent leur activité selon les lois de la guerre, uniquement en temps de guerre et avec l'autorisation de leur gouvernement. Capturés, ils ont droit au statut de prisonnier de guerre.

Un règlement des parts de prises était établi avant chaque course entre les membres de l'équipage suivant le rôle, l'Amirauté touchait environ 8%, l'équipage 1/3, l'armateur 2/3.

La Course vraiment organisée à Granville peut être datée, d'après Charles de la Morandière, de 1620 où l'on trouve un corsaire du nom de Gourfaleur pourvu d'une lettre de marque. A partir de cette date,  la course va être réglementée, surveillée et encouragée et devenir une branche de l'industrie maritime de même que l'armement morutier et baleinier et plus tard la pêche des huîtres.

En 1620, Le Château-d’Or, armé par Jacques de Sainte-Marie d’Aigneaux et commandé par François de Gourfaleur de Bonfossé, amarine dans les mers du Nord l’Açon ou Façon de Flandres et le ramène à Granville. 

36, rue de Doudeauville

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