
L’odyssée terrestre
Ce chapitre dans la vie de Georges René Le Pleville est l'un des plus importants de sa vie. Sa décision de se rebeller contre une autorité brutale le porte à vivre en expérience humaine extraordinaire, seul dans la forêt sauvage de l'amérique du Nord.

Arrivée sur la terre indienne
Le 13 juin 1740, Georges-René Pléville Le Pelley, alors âgé de quatorze ans, prend la décision radicale de déserter La Ville de Québec à Penouille, havre situé à l’embouchure du fleuve Saint-Laurent.
Il débarque sur la plage de Penouille à Gaspé.

La plage et la fuite
Humilié par les brutalités du capitaine Haudet, il refuse de subir davantage son autorité et entame une marche solitaire vers Québec, distant de plus de cent vingt lieues. Sans carte ni guide, il ne dispose que de deux galettes de biscuit et de ses vêtements de marin pour affronter l’immensité des forêts canadiennes.
Ce périple de cinquante-cinq jours, l’un des plus remarquables du XVIIIe siècle, illustre la capacité de survie et la détermination exceptionnelle d’un jeune homme confronté à une nature hostile et à des populations amérindiennes aux réactions imprévisibles.

La découverte de la forêt du Quebec
Les premiers jours sont marqués par l’isolement et la méfiance. La forêt, dense et silencieuse, devient un labyrinthe où chaque bruit suspect le place en état d’alerte. Son orientation repose sur deux repères : la position du soleil, qui lui indique l’ouest, et les rares aperçus du fleuve Saint-Laurent, visible depuis les hauteurs. La nourriture se limite à ce que la nature lui offre : baies, fruits sauvages et herbes comestibles, une alimentation insuffisante qui accentue sa fatigue.
Après quinze jours de marche, ses vêtements, déchirés par les ronces, se réduisent progressivement en lambeaux.

Les Amérindiens
Les rencontres avec les Amérindiens rythment son périple. Certaines sont pacifiques : des chasseurs lui offrent de la viande fumée ou l’aident à s’orienter.
D’autres, plus tendues, le contraignent à se prosterner ou à participer à des danses rituelles pour apaiser leur méfiance. Avec le temps, il apprend à adapter son comportement, traitant avec eux d’égal à égal lorsque la situation le permet.

Cinquante-cinq jours de survie
Les ours, omniprésents dans ces régions, représentent une menace constante.
À chaque rencontre, il grimpe dans l’arbre le plus proche et y reste jusqu’à ce que l’animal s’éloigne, une tactique qui lui sauve la vie à plusieurs reprises.

La délivrance
Après cinquante jours d’errance, épuisé et au bord de l’épuisement, il aperçoit enfin des signes de civilisation : des cabanes et des colonnes de fumée sur une île du fleuve.
Quinze jours plus tard, il atteint une habitation entourée de champs cultivés. Nu, couvert de blessures et de saleté, il se présente à la porte de la famille Dubuisson, des colons français qui l’accueillent avec humanité.